Iran : La dernière histoire

Allongés sur la pelouse du quartier des musées d’Amsterdam, sortant à l’instant du Rijksmuseum, les yeux clos, nous laissons infuser les jeux d’ombres des tableaux de Rembrandt, les odeurs sucrées de la Laitière de Vermeer, le regard déjà troublant d’un autoportrait de Van Gogh. On y laisse se superposer les joyaux du palais du Golestan de la dynastie Kadjar, découvert la veille à Téhéran.

Autour de nous, des blondinets se chamaillent avec des blondinettes alors que résonnent encore les rebonds des ballons des gamins aux yeux verts sur les murs de terre de Yazd. La fraîcheur de l’herbe pénètre dans le dos, tandis que la chaleur accablante de Shiraz n’a pas encore déserté les mémoires. Nous sommes à la fin de ce voyage, pas loin d’en refermer la dernière page. Alors n’ayant plus beaucoup envie de parler, ni d’écrire, nous laissons défiler devant nos yeux mi clos les derniers jours de notre vie, comme un ultime adieu à l’aventure, qui fût de Téhéran à Amsterdam, en passant par Ispahan et Kashan, un bien joli sentier où nous avons tout pris et à toute force, tout aimé.

Il y a quelques jours, Arnaud nous envoyait, alors que nous étions à Téhéran, un poème de Blaise Cendrars. « Quand tu aimes il faut partir … Respire marche va-t’en … Le monde entier est toujours là … La vie pleine de choses surprenantes …. »

Très cher Arnaud, très cher Blaise, allongés sur la pelouse du Rijksmuseum, les yeux grands ouverts, occupés à regarder défiler les Vermeer, les Rembrandt, les colonnes de Persépolis et les ors du Golestan, nous sommes bien décidés à suivre votre conseil.

« Quand tu aimes il faut partir » Nous avons définitivement choisi d’aimer.

A une prochaine fois sur la route.


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