


La vie, la vie, la vie !
Celle qui vous pousse hors des frontières de votre maison, vous colle dans des avions à réaction pour vous laisser vingt-quatre heures plus tard, sac au dos, l’oeil hagard devant un bus un peu coloré, un peu déglingué. Un type souriant arrive alors à vous convaincre, dans une langue étrangement inaudible, de monter dans son autocar sur lequel des alignements de dessins semblent faire figure d’écriture. Sans même avoir eu le temps de peser le pour et le contre, d’avoir tenté d’envisager la suite de l’histoire, vous vous retrouvez assis sur un siège défoncé, une musique tonitruante dans les oreilles, des odeurs épicées dans les narines, entourés de pleins de gens souriants. L’habitacle surchauffé a transformé en l’espace d’un quart d’heure votre chemise en une espèce de serpillière informe mal essorée et pour en rajouter un peu, le bâtonnet d’encens brûlant sur le tableau de bord à côté du chauffeur vous donne cette nausée délicieuse qui fait que désormais vous n’oublierez plus jamais cet instant unique où face au type souriant vous invitant à le suivre, la phrase d’Hitchcok vous traverse l’esprit : « La vie, ce n’est pas seulement respirer. C’est aussi avoir le souffle coupé ».
Deux jours sont passés depuis ce premier souffle au Sri Lanka.



Nous avons repris notre respiration et nous continuons à vivre du chaos de la route, empruntant des bus toujours un peu décatis et des trains courant le long des bords de mer, toujours un peu bondés. De l’effervescence de la capitale Colombo à l’ambiance provinciale de l’ancien fort Hollandais de Galle, nous nous laissons guider par cette précieuse curiosité qui ravit, épuise, enchante, étonne, et accessoirement incendie la bouche et nous liquéfie après avoir été poussé à goûter cette belle galette vraiment très épicée, vendue dans la rue.

Ce soir, la route nous a jeté sur la plage de Tangalle, tout au sud. La tête dans les rouleaux d’une mer houleuse, nous observons les pêcheurs tirer sur un filet depuis la plage. Il y a le ciel bleu, le sable blond et des palmiers longilignes. Nous resterons ce soir seulement, le temps d’une ou deux baignades dans les rouleaux.

Et puis demain, la vie, la vie, la vie ! nous appellera.
Demain, nous recommencerons…
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